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Cluster 05 · Vétusté & dégradations

Grille de vétusté en location : mode d'emploi (2026)

Une chaudière de douze ans qui tombe en panne, une moquette posée depuis huit ans qui se tache : combien de leur remplacement le locataire doit-il réellement payer ? C'est exactement le rôle d'une grille de vétusté — un outil de calcul, pas une norme qui s'impose d'elle-même. Elle est pourtant souvent brandie par un bailleur comme si elle allait de soi. Or elle ne s'applique que dans un seul cas : si elle a été choisie d'un commun accord et annexée au bail. Voici à quoi elle sert, comment la lire poste par poste, et ce qu'elle change concrètement sur une retenue.
KZ L'équipe Kazacheck
6 min de lecture Mis à jour le 12 Jul 2026
un logement dont chaque poste — peinture, sols, équipements — peut relever d'une grille de vétusté annexée au bail
un logement dont chaque poste — peinture, sols, équipements — peut relever d'une grille de vétusté annexée au bail

Qu'est-ce qu'une grille de vétusté

Une grille de vétusté est un tableau contractuel qui organise à l'avance l'abattement à appliquer sur le coût d'une réparation ou d'un remplacement, en fonction de l'âge de l'équipement concerné. Plutôt que de négocier au cas par cas, à chaque fin de bail, la part de vétusté d'une moquette ou d'une peinture, elle fixe des règles communes, poste par poste : peinture et revêtements muraux, sols, équipements électroménagers, sanitaires, etc.

Ces grilles proviennent le plus souvent d'un accord collectif de location, négocié entre représentants des bailleurs et des locataires, puis repris — ou adapté — par les parties à un bail donné.

À retenir

Une grille de vétusté est un outil de calcul contractuel, pas une règle légale universelle. Elle ne vaut que pour les baux où elle a été expressément annexée.

Les trois paramètres qui composent une grille

Poste par poste, une grille combine toujours trois éléments :

  • La durée de vie théorique : le nombre d'années au-delà duquel un équipement est considéré comme entièrement amorti, indépendamment de son état apparent.
  • La franchise : une période initiale, après la pose ou l'installation, pendant laquelle aucun abattement n'est appliqué — l'équipement est censé rester quasi neuf.
  • Le coefficient d'abattement annuel : le pourcentage retranché chaque année une fois la franchise écoulée, jusqu'à atteindre, à la durée de vie théorique, un abattement de 100 %.

À titre indicatif seulement, les grilles issues d'accords collectifs usuels retiennent souvent une franchise de deux à trois ans pour une peinture, puis un abattement annuel de l'ordre de 10 à 15 % au-delà, pour une durée de vie théorique proche de sept à dix ans. Ces chiffres ne sont ni fixés ni imposés par la loi : ils varient d'une grille à l'autre et ne servent ici qu'à illustrer le mécanisme.

2 à 3 ansfranchise indicative avant tout abattement (peinture)
10 à 15 %coefficient d'abattement annuel indicatif au-delà
100 %abattement possible une fois la durée de vie théorique dépassée

Est-elle obligatoire ? Non, et c'est le point le plus mal compris

La grille de vétusté n'est jamais obligatoire. Le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016, pris en application de la loi ALUR, définit la vétusté comme l'usure ou la détérioration résultant du temps ou de l'usage normal du logement, et précise que les parties peuvent convenir d'une grille de vétusté — sans jamais l'imposer.

Deux conditions cumulatives conditionnent donc son application :

  • Elle doit résulter d'un accord entre le bailleur et le locataire, et non d'un choix unilatéral du propriétaire ;
  • Elle doit être annexée au bail, formellement, et non simplement évoquée ou mentionnée à l'oral.

Sans ces deux conditions réunies, aucune grille ne peut être opposée au locataire. Le principe de réduction pour vétusté continue néanmoins de s'appliquer — un équipement ancien ne peut jamais être facturé à neuf — mais l'abattement s'apprécie alors au cas par cas, sans barème préétabli.

Source : Légifrance — loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (texte intégral)

Comment lire la grille, poste par poste

Pour lire une grille annexée à un bail, la méthode est toujours la même :

  1. Repérer la ligne correspondant au poste concerné (peinture, sol, chauffe-eau, etc.) ;
  2. Comparer l'âge réel de l'équipement, depuis sa pose ou son installation, à la durée de vie théorique indiquée ;
  3. Vérifier si la franchise est écoulée : si non, aucun abattement ne s'applique encore ;
  4. Au-delà de la franchise, appliquer le coefficient annuel pour le nombre d'années écoulées, jusqu'au plafond de 100 %.

Le résultat obtenu est un pourcentage à déduire du coût de remplacement ou de réparation — jamais un montant fixe. La distinction entre ce qui relève de l'usure normale, jamais facturable, et ce qui relève d'une dégradation imputable au locataire reste, elle, un préalable indépendant de la grille : elle est détaillée dans usure normale ou dégradation. La liste des réparations qui incombent au locataire, elle, figure dans les réparations locatives.

Ce que la grille change concrètement sur une retenue

Avec une grille annexée au bail, le calcul devient mécanique et prévisible : les deux parties appliquent le même barème, ce qui réduit fortement les marges de désaccord sur le montant d'une retenue. Sans grille, l'abattement reste dû par principe, mais son taux s'apprécie au cas par cas — souvent source de négociation, voire de litige.

Dans tous les cas, la grille ne fait que réduire une retenue par ailleurs légitime : elle ne dispense jamais le bailleur de prouver la dégradation par comparaison des états des lieux, ni de produire un justificatif chiffré. Le détail des motifs de retenue et de l'obligation de justificatifs est expliqué dans ce que le bailleur peut retenir sur le dépôt. Pour un calcul chiffré complet, poste par poste, consultez calculer la vétusté : exemple chiffré.

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La grille de vétusté n'est qu'une pièce du mécanisme : encore faut-il, en amont, distinguer usure et dégradation, puis situer la vétusté dans le cadre plus large d'une retenue sur le dépôt de garantie. Pour la vue d'ensemble, retrouvez notre guide de la vétusté, et en cas de désaccord persistant, notre guide des litiges liés à l'état des lieux.

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Questions fréquentes

Vos questions sur « Grille de vétusté en location : mode d'emploi (2026) »

Non. Elle est facultative : elle ne s'applique que si les parties l'ont choisie d'un commun accord et l'ont annexée au bail. Sans cette annexe, aucune grille ne peut être imposée à l'une ou l'autre partie.

Pour chaque poste — peinture, sols, équipements —, elle fixe une durée de vie théorique, une franchise (une période sans abattement) puis un coefficient d'abattement annuel appliqué au-delà.

Non. Le décret n° 2016-382 encadre le principe de la grille, mais ne fixe aucun barème légal. Les chiffres varient selon la grille choisie par les parties, issue d'un accord collectif de location.

L'abattement pour vétusté s'apprécie alors au cas par cas, poste par poste, selon l'âge réel de l'équipement et son usage. Le principe de réduction pour vétusté s'applique quand même, mais sans barème préétabli.

Oui. Au-delà de la durée de vie théorique d'un équipement, l'abattement peut atteindre 100 % : son remplacement ne peut alors plus être facturé au locataire, quel que soit l'état apparent.

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