Quels index relever : électricité, gaz, eau
L'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 impose que l'état des lieux mentionne les relevés des compteurs individuels de consommation d'eau et d'énergie, lorsque le logement en dispose. Concrètement, trois index sont à noter le jour de la remise des clés :
- Électricité : l'index affiché à l'écran du compteur Linky (ou du compteur électromécanique encore en place dans certains logements). Le Linky affiche l'index en kWh directement sur l'écran, accessible par simple pression sur le bouton.
- Gaz : l'index du compteur, en m³, lisible sur le cadran ou l'écran du compteur Gazpar.
- Eau : l'index du compteur d'eau individuel, en m³, s'il existe. Dans de nombreux immeubles collectifs, le compteur est mutualisé et ne relève pas d'un relevé individuel à l'entrée — dans ce cas, le poste eau est généralement inclus dans les charges plutôt que facturé au réel.
Un index non relevé à l'entrée ne peut pas être reconstitué à la sortie. C'est la seule donnée de l'état des lieux qui change à chaque instant : sans photo horodatée du jour J, aucune preuve a posteriori n'est possible.
Source : Légifrance — loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 3-2
Noter les numéros de compteur, de PDL et de PCE
L'index seul ne suffit pas : il faut aussi identifier précisément chaque compteur, pour que le nouveau locataire puisse ouvrir ses propres contrats de fourniture sans délai ni erreur.
- Le numéro de série du compteur, généralement gravé ou imprimé sur le boîtier lui-même.
- Le PDL (point de livraison), pour l'électricité : un identifiant à 14 chiffres, propre à chaque compteur, indépendant du fournisseur. Il figure sur une étiquette collée sur le compteur Linky, ou sur une facture d'électricité si le logement a déjà été occupé.
- Le PCE (point de comptage et d'estimation), pour le gaz : l'équivalent du PDL côté gaz naturel, également visible sur le compteur ou sur une facture Gazpar existante.
Sans ces deux identifiants, l'ouverture d'un contrat d'électricité ou de gaz au nom du nouveau locataire peut être retardée de plusieurs jours, avec un logement qui reste sans fourniture active.
PDL et PCE ne sont pas des options administratives : ce sont les clés qui permettent au fournisseur d'énergie de rattacher le bon compteur au bon contrat. Sans eux, pas de mise en service rapide.
Photographier chaque compteur, avec horodatage
Un chiffre noté à la main sur une feuille se conteste facilement ; une photo horodatée de l'écran du compteur, beaucoup plus difficilement. Pour chaque compteur relevé, la photo doit permettre de lire clairement :
- L'index affiché, net et lisible, sans reflet ni angle qui rende un chiffre ambigu.
- Le numéro de série ou l'étiquette PDL/PCE, dans une seconde photo si les deux ne tiennent pas dans le même cadre.
- L'emplacement du compteur, utile en cas de logement avec plusieurs compteurs (colocation, immeuble ancien) pour identifier lequel dessert quel logement.
L'horodatage — automatique sur la plupart des smartphones, ou renforcé par une application dédiée — transforme la photo en preuve datée, exploitable des mois plus tard si un désaccord survient sur la date exacte du relevé.
Une photo sans horodatage reste une photo ; une photo horodatée devient une preuve. La différence ne coûte rien et se joue en un réglage d'appareil.
À quoi sert ce relevé : mise en service et litiges de charges
Ce relevé n'est pas une formalité isolée : il conditionne deux enjeux concrets, l'un immédiat, l'autre potentiellement contentieux des mois plus tard.
D'abord, la mise en service des contrats d'énergie. Le nouveau locataire transmet l'index de départ et les identifiants PDL/PCE à son fournisseur pour ouvrir son contrat à son nom, sur la base du relevé consigné à l'état des lieux — et non sur une estimation.
Ensuite, et c'est là que le bât blesse le plus souvent, la prévention des litiges de charges et de consommation. Sans index d'entrée fiable, il devient impossible de déterminer avec certitude à qui imputer une consommation d'eau anormalement élevée découverte en cours de bail, ou de vérifier qu'une régularisation de charges annuelle correspond bien à l'occupation réelle du locataire. Un index contesté à l'entrée peut ainsi fausser un calcul de charges bien après la signature, sans qu'aucune des deux parties ne puisse trancher avec certitude.
Relever les compteurs ne prend que quelques minutes, mais conditionne des mois de tranquillité — sur les contrats d'énergie comme sur d'éventuelles charges contestées. Cette étape s'inscrit dans une préparation plus large : retrouvez l'ensemble des points à vérifier dans notre checklist de l'état des lieux d'entrée, et les règles de représentation si vous ne pouvez pas être présent le jour du rendez-vous dans notre guide qui doit être présent à l'état des lieux d'entrée. Pour la vue d'ensemble, consultez notre guide de l'état des lieux d'entrée.